A Propos …

 

Au commencement était le verbe … et le pont.

Et peut-être aussi la lassitude de devoir, matin après matin, attendre pendant des périodes allant de quelques dizaines de minutes à plus d’une heure que le trafic à l’entrée du Pont de Bezon me permette d’avancer jusqu’à la libération, la branche d’entrée sur l’autoroute A86.

Mais tout cela mérite un peu de précision : Le chemin qui rallie mon domicile à mon lieu de travail m’amène irrémédiablement à traverser la Seine. Le pont le plus proche, le plus pratique, le plus optimal même dirais-je, se trouve être le Pont de Bezons. Or, et c’est bien là le drame, le trajet du flambant neuf tramway T2 passe par ce pont. Et quand bien même ce tramway est voué à être une révolution, un élément salvateur dans la résolution des congestions de trafic francilien, c’est tout de même une plaie, une purge, pour tous les utilisateurs du Pont de Bezons.

Les travaux, qui se sont étalés sur plus de deux ans, ont rendu le pont impraticable. Et pas que lui, ceux en amont et en aval ont par ricochet subit le même sort, ce qui exclue tout alternative d’infidélité à l’ouvrage de construction Bezonien. Il convient aussi de constater que le génie des ingénieurs de la DDE est tel que la congestion de trafic persiste, malgré la fin des travaux d’aménagement du tramway. Rater à ce point un projet tient du prodige, voire d’un certain degré de génie.

C’est donc tel un condamné que tous les matins, je me présente à l’entrée du pont, tête basse, prêt à subir le châtiment.

Et presque par hasard, un jour j’ai checké le Pont ..  j’ai même envoyé un petit message. Intérêt nul, mais bon, ça occupe toujours un peu. Du coup j’ai recommencé le lendemain, et puis ça a finit par devenir une sorte d’habitude (et puis, il faut bien l’avouer, la perspective d’engranger un titre de mayor de plus dans Foursquare est une motivation puissante !).

Je comble donc mes temps d’attente de phrases courtes (140 signes tout au plus) en faisant état de mes humeurs, de philo de bouchon, de poèmes courts japonais (haikus), de maxime zen (koans) ou d’interjections sans fondement. Pas de suite logique, parfois un rapport avec un évènement d’actualité, parfois chargé de sens, et parfois vide de tout. Une sorte d’exutoire, de défouloir.

C’est devenu, pour au moins 3 ou 4 lecteurs fidèles, un rendez-vous. D’aucuns même s’empressent de prendre de mes nouvelles si d’aventure je franchis le pont avec un peu de retard, ou si je ne le franchis pas. Et c’est un peu sur leur insistance que j’ai tenté de regrouper ces tweets dans un blog … Mon message pour la postérité en quelque sorte. Il en manque certains, notamment les premiers, Twitter refusant de me lister mes premiers posts, mais vous ne ratez pas grand chose.

J’essaierai aussi, de temps en temps, de compléter le tweet de quelques commentaires et/ou visuels, pour remettre l’histoire dans un contexte. Qui sait, je doublerai peut-être mes lecteurs …

Et à ceux qui insistent encore plus pour que ces fines tranches de vie soient portés sur papier, qu’ils se chargent de me présenter un éditeur volontaire, et l’affaire est entendue !

Ce blog est dédicacé à François (@alboury) , Arnaud (@arnaudlimbourg) et Julien (@julien_robert) : tout ça, c’est un peu de votre faute ! :)